Accueil 9 Jeunes chevaux 9 7 raisons de monitorer vos jeunes chevaux de course

Chaque hiver les entraîneurs accueillent dans leurs écuries une nouvelle génération d’athlètes. Débourrés, pré-entraînés, ces chevaux sont prêts à entamer leur carrière sportive pour débuter en course. Cette première période de travail est cruciale pour la carrière du cheval. La collecte et l’analyse de données dès le début de leur entraînement apportent de nombreux bénéfices. Voici les 7 principales raisons de monitorer vos jeunes chevaux.

1. Construire une base de données dès les débuts de l’entraînement

Nous pouvons définir une donnée comme toute information relative à un cheval, et qui concerne son pedigree, ses performances ou encore sa santé. La collecte de ce genre d’informations requiert un travail particulier que nous pouvons synthétiser en 3 mots d’ordre : création, enrichissement et actualisation. 

Il est bien connu qu’une donnée brute, sans aucun contexte ni élément de comparaison n’apporte aucune valeur ajoutée. Ainsi, il est conseillé de monitorer les premiers entraînements de vos Yearlings, afin de créer leur base de données respective dès le début de leur carrière. Au fur et à mesure de leur progression, la collecte de données viendra enrichir considérablement cette première étape de création. Enfin, quelques mois plus tard, avant la première course par exemple, la collecte de données permet d’actualiser les données ayant contribué à la création de cette base.

Données jeunes chevaux de course

2. Détecter la précocité d’un cheval de course 

Après avoir enrichi sa base de données avec différents jeunes chevaux, il est alors intéressant d’effectuer des comparaisons. En effet, un cheval qui démontre de très bonnes capacités cardiaques et d’excellentes aptitudes de vitesse se démarquera des autres jeunes chevaux ayant commencé en même temps. Ainsi, les données permettent de mettre en avant la précocité d’un cheval, et donc d’individualiser son entraînement afin qu’il soit adapté à son niveau et à ses besoins.

3. Connaître la distance théorique de course

Débuter un cheval de course est une mission complexe : de nombreux paramètres sont à prendre en compte. Les données représentent alors une aide précieuse, ayant pour objectif de renforcer l’expertise de l’entraîneur. Lors du choix de la course, l’entraîneur doit inévitablement se pencher sur la distance. Afin de prendre la décision la plus objective, il peut être utile de se référer à des données de locomotion. En effet, de nombreuses études scientifiques se sont penchées sur l’analyse de la distance de prédilection en fonction du profil locomoteur des chevaux. Pour mieux connaître le profil locomoteur d’un cheval, la base de l’analyse est l’étude de l’amplitude et de la cadence. Chaque cheval ayant son style d’allure, on peut distinguer des profils génériques et théoriques, ayant une distance de prédilection définie.

Différents profils locomoteurs selon la cadence

4. Évaluer l’impact de l’entraînement 

Grâce à la construction de cette base de données dès les débuts de l’entraînement, il est alors possible d’en évaluer son impact. En effet, l’évolution des données dans le temps mesure et quantifie les transformations physiologiques du cheval. Les pur-sangs sont de formidables athlètes, connus pour leur grande capacité d’adaptations physiologiques et anatomiques au cours de l’entraînement. Ainsi, entraîner un jeune cheval de course revient à trouver le point d’équilibre entre le développement de sa fonction cardiopulmonaire et de sa capacité aérobie, avec la pression exercée sur le système musculo-squelettique, qui peut potentiellement causer des dommages structurels et/ou des boiteries. Les données collectées permettent de contribuer à la recherche et au maintien de cet équilibre. En effet, le suivi de la fréquence cardiaque et des zones de FC contribue à la quantification de la fonction cardiopulmonaire. Vous pouvez donc vous assurez de l’efficacité et de l’adéquation de l’entraînement.

24/04/21

Performance jeunes chevaux
Effort jeunes chevaux de course

23/06/21

Performance jeunes chevaux de course

L’exemple ci-dessus présente les données d’un jeune cheval de 2 ans arrivé à l’entraînement début 2021. L’entraîneur a suivi de près ce jeune cheval en monitorant de nombreux entraînements. Grâce à ces données, nous pouvons quantifier les progrès de ce poulain. Entre avril et juin, il est capable de courir plus rapidement, et dans de meilleures conditions cardiaques. En effet, bien que la vitesse soit plus élevée, le temps passé en zone anaérobie a diminué de 10 secondes. Son organisme s’est adapté. Cela témoigne d’un entraînement efficace.

De plus, les données de locomotion, à savoir la cadence, l’amplitude, la régularité et la symétrie sont particulièrement utiles à la surveillance du développement d’une raideur musculaire ou d’une boiterie. Grâce à ces paramètres, vous pourrez évaluer l’impact de votre entraînement.

5. Savoir quand augmenter la charge de travail 

À partir de cette évaluation, vous pouvez valider ou non l’état de fitness avant de passer à l’étape supérieure de l’entraînement. Afin de préserver l’intégrité santé et morale des jeunes chevaux, il est important de privilégier la création d’une routine et d’une zone de confort. Les données apportent un complément à votre expertise pour évaluer si vos yearlings ont atteint ou non le niveau de fitness idéal pour augmenter la charge de travail. Concrètement, il suffit d’analyser l’évolution de la récupération. Si elle s’améliore au cours du temps, et se stabilise lors des derniers entraînements, cela traduit un passage à un niveau supérieur de fitness.

données jeune cheval de course

Intéressons nous aux données d’Arion, jeune cheval de deux ans. Nous pouvons remarquer qu’au début de son entraînement, entre les séances d’août et de novembre, le cheval présentait une mauvaise récupération lors des sessions de travail intense. Il n’était peut être pas tout à fait prêt pour augmenter l’intensité de son entraînement (passage de 53.7 km/h à 58 km/h). Le 8 décembre, le cheval a effectué une séance de la même intensité que celle du 7 août. On remarque alors une belle évolution de ses données, sa récupération s’étant nettement améliorée entre les deux séances. L’entraîneur a monitoré les différents travaux de ce cheval lors des mois de novembre et de décembre, probablement pour s’assurer que le cheval soit prêt à passer à l’étape supérieure de son entraînement. Nous pouvons affirmer, grâce aux données, que ce cheval était prêt pour sa séance du 15, lorsqu’il a atteint une pointe de vitesse à 60 km/h. Sa récupération est d’ailleurs qualifiée de bonne. 

6. Réduire le risque de blessure 

Comme évoqué précédemment, l’entraînement peut être à l’origine d’un remodelage musculaire pouvant potentiellement causer des dommages structurels et/ou des boiteries. Le système cardiovasculaire est également fortement influencé par l’entraînement. Afin de prévenir le risque de blessure ou le développement de pathologie respiratoire, il est nécessaire de surveiller l’apparition d’une anomalie dans les données collectées. Une augmentation soudaine et inexpliquée de la FC peut être un signe de douleur, de stress, de peur. Des pics de FC ou une FC inhabituelle à l’échauffement permettent de détecter des signes avant-coureurs de pathologies.On remarque que ce cheval atteint sa fréquence cardiaque maximale dès son départ au galop. Ceci représente une situation anormale d’autant plus qu’il n’est pas lancé à vitesse maximale. En analysant cet entraînement, l’entraîneur devrait demander à consulter son vétérinaire afin d’investiguer le problème.

Potentielle anomalie chez un jeune cheval de course

Arion a une fréquence cardiaque dépassant les 250 BPM, et ce, dès le début du galop. Cette FC anormalement élevée tire la sonnette d’alarme quant à l’état de santé du cheval et pourrait témoigner d’une anomalie cardiaque. Ce constat est remarquable pour plusieurs entraînements de ce cheval. Après avoir discuté avec un vétérinaire, l’ECG enregistré automatiquement au cours de ce même entraînement a pu être analysé. Une arythmie cardiaque a été détectée. Cette anomalie cardiaque doit être investiguée car elle peut être à l’origine d’une mort subite si elle n’est pas traitée. L’entraîneur ayant monitoré son cheval à temps, il peut faire appel à son vétérinaire pour investiguer et potentiellement traiter l’arythmie.

7. Dresser le profil data d’un cheval performant pour préparer les prochaines générations

Si l’un des 2 ans que vous avez monitoré dès ses débuts à l’entraînement a effectué une excellente carrière, ses données deviennent alors une référence en matière de profil data d’un bon cheval de course, et ce dès son plus jeune âge. En comparant les données de ce crack avec celles de vos jeunes chevaux, vous pouvez identifier rapidement les futurs performeurs de votre écurie. Détecter un cheval prometteur au sein de la génération de demain devient alors de plus en plus aisé, grâce à l’alliance de vos intuitions et l’intégration de comparaisons de données. 

Ainsi le suivi des jeunes chevaux dès leur entrée à l’entraînement est un bon moyen d’obtenir des données tangibles sur leurs progrès. Ces données proposent alors un soutien objectif lors de prises de décision et appuient votre ressenti sur l’état de forme de vos deux ans. Suivi tout au long de sa carrière, un cheval possède un livre de vie de sa carrière, et cet ensemble de données pourra être exploité à nouveau comme référence lors de l’accueil des générations suivantes.

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