Accueil 9 Jeunes chevaux 9 Quand et comment détecter le profil locomoteur de vos jeunes chevaux ?

Connaître les stratégies d’accélération naturelles et le profil locomoteur de vos jeunes chevaux est la première étape pour détecter les futurs champions. En effet, les caractéristiques de locomotion innées de vos chevaux peuvent vous informer sur leurs forces et faiblesses assez tôt pour savoir quel chemin prendre dans l’entraînement avec eux. La data permet, entre autres, d’effectuer ce genre d’analyse et un outil comme EQUIMETRE vous aide à collecter les informations nécessaires.

1. Comment un effort sous-maximal de 80% peut-il renseigner sur le profil locomoteur de vos chevaux ?

Le travail à vitesse sous-maximale, c’est-à-dire entre 57 et 60 km/h peut s’avérer très intéressant. Pour effectuer ce travail de manière pertinente, il est important de connaître la fréquence cardiaque maximale de vos chevaux.

Comment vos chevaux génèrent-ils leur vitesse lors d’un effort sous-maximal ?

Exemple – Comparaison de données lors d’un effort sous-maximal 

Prenons l’exemple d’Arion I, un cheval relativement moyen qui a effectué un travail assez standard à la mi-mars. Grâce aux données, on observe que : 

  • Il a passé 10% de l’entraînement en phase anaérobie
  • La fréquence cardiaque ne dépasse pas 200 BPM 
  • La vitesse ne dépasse pas 57 km/h 

On peut estimer que ce travail est un travail sous-maximal à la vue des données. Il est alors intéressant d’aller regarder les données de cadence et d’amplitude pour en savoir plus sur les stratégies locomotrices de ce jeune cheval.

zones de fréquence cardiaque, anaérobie

Données issues de la plateforme EQUIMETRE 

Courbes de cadence et d'amplitude superposées

Données issues de la plateforme EQUIMETRE 

On constate que le cheval commence par augmenter sa cadence (ligne orange) pour générer de la vitesse. Une fois qu’il atteint les 20 km/h, il aurait pu logiquement étendre son amplitude de foulée pour continuer à générer de la vitesse, mais on constate que ce n’est pas le cas. Arion I utilise sa cadence sur toute l’accélération pour générer sa vitesse.

Arion II réalise le même exercice avec la même intensité. Analysons ses données de locomotion.

Données issues de la plateforme EQUIMETRE 

Il utilise sa cadence pour initier son accélération. Cependant, une fois qu’il a produit de la vitesse, il stabilise sa cadence et augmente l’amplitude de ses foulées. La cadence et l’amplitude de ses foulées vont donc de pair avec la vitesse. On peut en déduire que ce cheval est biomécaniquement efficace. 

Arion I utilise essentiellement sa cadence pour générer de la vitesse, ce qui lui demande beaucoup d’oxygène. À l’inverse, Arion II trouve un meilleur équilibre entre la cadence et l’amplitude de ses foulées pour accélérer : cette stratégie lui permet de tenir l’effort plus longtemps et de maintenir le galop à cette vitesse plus facilement. En effet, on peut voir que les deux chevaux ont atteint la même vitesse maximale. Cependant, à une vitesse de 55km/h, nous pouvons constater qu’Arion II tient cette vitesse plus longtemps. 

Grâce à l’analyse des données lors d’un effort sous-maximal de 80%, il est possible d’évaluer en profondeur les stratégies locomotrices de vos chevaux. Celles-ci peuvent révéler les chevaux particulièrement doués et efficaces, qui ont une relation linéaire entre l’amplitude et la cadence de leurs foulées. Lorsque nous regardons ces graphiques, nous ne voyons pas la différence : la condition physique peut être la même, mais certains sont capables de maintenir la vitesse à ce niveau de fréquence cardiaque submaximal beaucoup plus facilement que d’autres.

bannière livre blanc locomotion

2. À quel moment est-il possible de détecter les caractéristiques innées de cadence et d’amplitude ?

Au début de l’entraînement, les jeunes chevaux ont généralement plus un profil locomoteur de sprinter. La cadence est en effet plus innée et plus mécanique. Cette dernière est déterminée dès la naissance du cheval car elle est liée à la respiration. De plus, les chevaux en font l’expérience dès le plus jeune âge au paddock. Il est possible de déceler assez tôt leurs futurs profils locomoteurs. Plus le cheval commence à se développer et à s’entraîner à des vitesses importantes, plus il apprend à poser ses pieds et plus l’amplitude de ses foulées varie.

Lors de travaux effectués entre 45 et 55 km/h, il est possible d’analyser comment le cheval génère sa vitesse. En ce qui concerne la cadence, il semblerait qu’un cheval ayant une cadence qui dépasse les 2,25 foulées par seconde lors d’un entraînement de faible intensité, tend à devenir un sprinter. De la même manière, un cheval qui a une amplitude supérieure à 5,5 mètres a plus de chance d’évoluer en tant que miler dans le futur.

Exemple – Arion III

Arion III a été monitoré en février, en mars et en avril. Ses données sont assez constantes. Dès février il est possible de se faire une idée de son profil locomoteur. En effet, avec une amplitude de foulée à 5,22 mètres par seconde et une cadence à 2.39 foulées par secondes à 45km/h, il montre un profil de sprinter.

Données de cadence et amplitude sur différents entraînements

Ce cheval est aujourd’hui un bon cheval de course, présentant une foulée de 6,8 mètres à pleine vitesse et toujours une cadence importante.

Il peut être intéressant de travailler les chevaux ayant les mêmes profils locomoteurs ensemble. En effet, les jockeys seront plus à même de les solliciter pour des exercices dont ils sont capables, et la comparaison entre les chevaux sera plus pertinente.

Mots-clés : profil locomoteur jeunes chevaux, cadence, amplitude, vitesse, détecter les caractéristiques innées