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Accueil 9 Entraînement 9 Quelles données pour analyser la vitesse du cheval en course ?

La question de la vitesse est un sujet central puisque la clé de la victoire en course réside dans la gestion de la vitesse tout au long de la course. Toutes les courses sont différentes et de nombreux événements viennent perturber l’évolution de la vitesse au cours de la course. Afin de comprendre comment les paramètres influencent la course, il est tout d’abord intéressant d’analyser la vitesse du cheval de course et de comprendre comment sont courues les courses.

Comment le terrain influe-t-il sur la vitesse ? Dans quelle mesure les gagnants de groupe 1 courent-ils plus vite que les chevaux de handicap ? D’un pays à l’autre, comment les stratégies de course, d’entraînement varient-elles ?

1. La vitesse du cheval de course 

La vitesse d’un cheval est le rapport entre la distance qu’il va parcourir et le temps qu’il va mettre pour parcourir cette distance. La vitesse peut s’exprimer de plusieurs façons selon les zones géographiques, et selon les disciplines. De nombreux facteurs peuvent influer la vitesse et dans ce chapitre nous allons évaluer leurs influences respectives.

En Europe, les vitesses sont classiquement exprimées en km/h, soit le nombre de kilomètres parcourus en une heure. Plus rarement la vitesse est exprimée en mètres par seconde (m/s).

Dans les cultures anglo saxonnes, on parlera plutôt de “miles per hour” (m/h, 1 Mile= 1,6 Km). Au trot, une autre façon d’analyser la vitesse est préférée en étudiant les réductions kilométriques. On parle alors de minutes par kilomètre (min/km), soit le nombre de minutes nécessaires pour parcourir un kilomètre. 

2. Vitesse moyenne et finish line

Le clou du spectacle lors d’une course et les plus belles impressions de vitesse surviennent souvent dans la dernière ligne droite, lors du finish dans lequel la course se dénoue. Mais ces impressions de vitesse et d’accélération ne se vérifient pas toujours dans les faits. La ligne droite est-elle toujours courue plus vite que le reste de la course?

Comment les chevaux et les jockeys optimisent-ils leur vitesse pour préserver leur finish ?

Pour se pencher sur la question de la vitesse en course, les temps intermédiaires, ou intervalles, sont un outil idéal. Ces derniers peuvent apporter un éclairage très pertinent sur la façon dont sont courues les courses, notamment parce qu’ils permettent d’analyser les différentes phases de course, stratégies d’accélération et vitesses dans la dernière ligne droite.

Logiquement, on peut s’attendre à constater des rythmes lents, grandissant progressivement, puis plus rapides dans la fin de la course, et de nouveau plus lent à la fin de la course lorsque les chevaux plafonnent dans leur vitesse au finish et ralentissent dans les derniers mètres car ils ont épuisé leur réserve d’énergie. Les vitesses étant toutefois affectées par les virages et ondulations topographiques de la piste, cela reste une règle très générale.

3. Vitesse et analyse des temps intermédiaires

analyse de la vitesse du cheval de course

Sur le graphique ci-dessus sont comparées les vitesses de courses et les temps intermédiaires des hippodromes de Chantilly, Deauville et Longchamp pour les courses sur gazon.

On peut tout d’abord constater que le train de course est en moyenne plus élevé à Chantilly qu’à Deauville et Longchamp. Sur les hippodromes de Chantilly et Deauville, il est intéressant de noter que dans les courses sur courtes distance (1300m et moins) la vitesse moyenne du dernier 200m est la plus faible et que les derniers 600-400m sont courus plus rapidement que les derniers 400-200m. Cela souligne donc nettement que les chevaux sont lancés à un train élevé et que dans les derniers 200m, les chevaux ralentissent avec une rupture nette de la vitesse. Les chevaux qui feront l’arrivée seront ceux capables de maintenir une vitesse élevée le plus longtemps possible plutôt que ceux dont la capacité d’accélération est la plus grande. On retrouve également ce type de comportement pour les courses à Longchamp jusqu’à 1400m. Sur 1 300 m, les chevaux qui feront l’arrivée seront ceux capables de maintenir une vitesse élevée le plus longtemps possible plutôt que ceux dont la capacité d’accélération est la plus grande.

Les chevaux impriment un train de course raisonnable de l’ordre de 55km/h et accélèrent progressivement sur les derniers 600 derniers mètres.

  • À Chantilly les vitesses sur les 600 derniers mètres sont assez similaires à celles du train de course.
  • À Deauville, la vitesse des 200 derniers mètres est légèrement plus faible que les derniers 400m-200m, cela témoigne de la difficulté de la piste.
  • À Longchamp, le ralentissement dans les 200 derniers mètres est encore accentué, cela est dû à la pente dans la ligne droite qui limite les chevaux dans leur capacité d’accélération.

On remarque donc que suivant la distance les stratégies de course sont différentes, par conséquent les stratégies d’entraînement doivent être adaptées selon la course visée. Sur des courses courtes, le cheval doit être capable de tenir une vitesse élevée du début à la fin. Sur distance plus longue, le cheval doit être capable de tenir une vitesse correcte puis de mener une accélération. La stratégie sera alors basée sur le niveau de cette vitesse de pointe, plus elle est élevée, plus on peut lancer le cheval tard, surprendre ses adversaires, et donner du moral au cheval en le laissant doubler ses concurrents. Pour donner un ordre de grandeur, sur les 200 derniers mètres, 3 km/h d’écart entre deux chevaux induit environ 10 mètres d’écart, le cheval le plus lent doit donc être lancé 10 mètres plus tôt pour avoir des chances de passer la ligne en tête.

Il est intéressant de mettre ces analyses françaises en regard avec des stratégies internationales. Qu’en est-il à Dubaï par exemple ?

Attardons-nous sur les temps des courses réalisées sur l’hippodrome de Meydan à Dubaï. Sur le Dirt, on remarque que la course est courue très différemment. Le train de course est très rapide (jusqu’à 600m après le départ), puis la vitesse diminue sur les derniers 600- 400m, se maintient sur les derniers 400-200m et chute drastiquement sur les derniers 200m. On constate que la place laissée à l’accélération est très limitée. Le cheval qui gagnera la course est le cheval qui sera capable de maintenir sa vitesse et de résister à la fatigue jusque dans les derniers instants. Le niveau et ce profil de vitesse, fait penser à une typologie de course sur terrain lourd. Ce qui laisse à penser que ce seront probablement plutôt des chevaux puissants qui porteront la victoire.

Sur le gazon (turf) à Meydan, les pistes sont courues de manière davantage similaire aux courses françaises. Au-dessus de 1400m, le train de course est modéré puis les chevaux accélèrent progressivement pour atteindre leur maximum dans les derniers 400-200m, puis la vitesse moyenne diminue fortement dans les derniers 200m. A la différence de la France, les chevaux sont lancés beaucoup plus tôt avec une vitesse moyenne dans le train de course et dans les derniers 600-400m supérieure d’environ 5%, la vitesse moyenne dans les derniers 400m est légèrement plus faible qu’en France.

On remarque donc que les stratégies de course d’un pays à un autre, d’un hippodrome à un autre, ou encore d’une piste à l’autre peuvent être grandement différentes.

Détail des vitesses de courses sur les différents intervalles sur Gazon et Dirt Hippodormes de Chantilly, Deauville, Longchamp (France) et Meydan (Dubaï)

Mots-clés : analyser la vitesse du cheval de course, finish line, stratégies d’accélération, stratégies de vitesse, analyse des temps intermédiaires, internationale